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mercredi 18 mars 2009

835 - Izarra légèrement dévoilé

LES APPARENCES :

Avec ses sacs en plastique à bouts de bras, il a l'air anonyme et ordinaire ce couple revenant du magasin du centre ville du Mans... La jeune femme d'un pas serein s'avance vers sa demeure sise au "Vieux-Mans" avec son compagnon aux allures sages, presque insignifiant dans sa discrétion de bon aloi... Deux inoffensifs citadins bien connus des commerçants du centre ville avec lesquels ils entretiennent des rapports aimables, courtois, agréables. De bons clients, sans histoire. Un couple de manceaux comme tant d'autres, habitué à vaquer à ses petites affaires domestiques, mêlant avec jovialité sa routine à la vie des autres habitants.


LA REALITE :

Laissons de côté la jeune femme, elle ne présente nul intérêt.

Mais ce garçon aux apparences tranquilles, posées, raisonnables qui porte des sacs en plastique en compagnie de cette jeune femme nonchalante, de près ou de loin qui imaginerait que ses sacs en plastique et son pas mesuré ne sont qu'un masque cachant un personnage odieux et flamboyant, pervers et vertueux, mystique et dévoyé, avaricieux et manipulateur, romantique et mesquin, corrupteur et scrupuleux, fantasque et dément, baroque et stellaire ?

Il dort avec deux épées à ses côtés, porte très haut dans son estime sa particule, affiche son nom en gros sur sa porte. N'a-t-il pas de drôles d'idées ? Il épie son voisin, ses deux voisines, fouille dans leurs poubelles... Est-il bien curieux ce coquin ! Il envoie des lettres d'amour anonymes à des inconnues de son quartier, fait la morale aux employés de chez TF1, hante le cimetière de la ville en quête d'inspiration, fait pousser de la menthe sur la voie publique, enterre ses chats de même, à proximité des poubelles de ses voisins. Le fait-il exprès ?

Il étudie avec un grand souci scientifique les différents mouvements du coeur féminin mis en contact avec son verbe hautain et ciselé. Ho le vilain petit machiavel !

Il collectionne les lettres d'amour, jette ses papiers administratifs, est obsédé par la Lune. Il ne paye jamais ses dentifrices ni ses brosses à dents : étrange lubie dont il ignore lui-même l'origine. Il s'ennuie le dimanche, raille les travailleurs du lundi, s'offusque des porteurs de téléphones mobiles. Un vrai misanthrope ! Il fréquente avec assiduité casinos, mairies, cryptes des églises , cathédrales, taudis et châteaux classés.

Ne lui demandez jamais votre chemin, il est incapable d'expliquer en termes intelligibles où se situe la rue d'à côté ou le bar du coin. Il affiche sans complexe sa supériorité due au fait qu'il habite dans les hauteurs antiques de la ville et que les rues de ces lieues sont pavées et non goudronnée. Sur sa boîte aux lettres son nom inscrit à l'encre de Chine sur toute la longueur disponible est devenu une curiosité du quartier. Il chante à midi comme une pie "bavassière", improvisant les chansons les plus ineptes qui lui passent par la tête à travers sa fenêtre pour bien signifier au voisinage qu'il est là, que son nom en quatre partie lui donne ce droit républicain de chanter faux et fort.

Bref, méfions-nous de certains porteurs de sacs en plastiques revenant de magasin, leurs apparences peuvent être trompeuses.

mardi 10 mars 2009

834 - Vive le Tibet chinois !

Aux dernière -et justes, impartiales- nouvelles, le Tibet a été sauvé de la féodalité, de la régression, voire de la sauvagerie par la Chine en 1949.

Le Tibet, province de la Chine, fait partie de ce vaste pays depuis le XIVème siècle tout comme la Vendée faisait toujours partie de la France à la Révolution en dépit de sa fidélité au roi ou comme la Corse est entrée dans le giron civilisateur de la France depuis plusieurs générations. Les aléas de l'Histoire ont fait entrer le Tibet dans le ventre de la Chine, c'est ainsi. On ne revient pas sur l'Histoire : les procès rétrospectifs ne font guère avancer les choses. Contester la légitimité de la Chine à administrer le Tibet revient à contester la légitimité de la France à administrer l'Alsace-Lorraine...

Cela revient surtout à reculer, tergiverser à l'infini sur des événements politiques et historiques que nul ne maîtrise.

Sans la Chine le Tibet serait un pays de crèves-la-faim livré à l'anarchie, à une dictature pire que celle de Pékin ou, dans le meilleur des cas, livré à lui-même. Avec tout ce que cela implique de conséquences en termes d'isolement culturel, économique, politique. La Chine exerce son influence bénéfique sur le Tibet comme l'empire romain exerça la sienne sur les Gaules.

Certes il est injuste que la Chine interdise la liberté d'expression et de culte des tibétains et qu'elle les emprisonne.

La question du Tibet doit se porter exclusivement sur les exactions commises par le gouvernement chinois sur les tibétains et non sur son indépendance dont l'idée même est un non-sens, une aberration, une absurdité. Le DalaÏ-Lama lui-même ne souhaite pas l'indépendance du Tibet, seulement qu'on laisse les gens exercer librement leur culte. Le peuple tibétain est dans sa grande majorité reconnaissant envers la Chine de ne pas l'avoir abandonné en 1949.

Les agitateurs qui manifestent pour l'indépendance sont extra minoritaires au Tibet, ils sont surtout relayés par des imbéciles occidentaux manipulés par les médias prompts à réagir sans réfléchir, ou plutôt qui ont une propension détestable à réfléchir à la place des gens concernés : le peuple tibétain.

Tout ce tintamarre empêche de se faire une opinion juste des choses et surtout empêche d'entendre la majorité silencieuse du Tibet, c'est à dire les millions de gens satisfaits de leur sort, heureux que la province du Tibet soit rattachée à la Chine.

Il est certain que la Chine est une dictature odieuse qui exerce son pouvoir ubuesque sur un milliard et demi d'hommes. Les manifestations à l'occasion de l'ouverture des Jeux Olympiques contre le régime chinois ne sont pas une mauvaise chose, à condition de manifester contre les crimes commis par le régime chinois contre la population tibétaine et non pour demander l'indépendance du Tibet...

Ignares et marionnettes qui exigent l'indépendance du Tibet, tous manipulés, sont inefficaces. Leurs agitations sont non seulement stériles mais ridicules.

Alors que le Dalaï-Lama (ainsi que la grande majorité des tibétains) ne demande ni l'indépendance (il reconnaît les bienfaits du rattachement du Tibet à la Chine) ni ne souhaite le boy-cott de l'ouverture des Jeux Olympiques, des hystériques dans le monde entier continuent de brailler pour l'indépendance du Tibet !

Tous se ridiculisent à exiger l'indépendance de la province du Tibet... Ignares, imbéciles, fous furieux droits-de-l'hommistes et autres marionnettes ne doivent pas faire la loi !

Les exigences des tibétains ne portent pas sur l'indépendance du Tibet mais sur le respect des droits de l'homme, ce qui n'est pas la même chose. Les manifestants visent complètement à côté de la vraie cible. Ils devraient se taire au lieu de répandre des hérésies.

Maintenant que moi je sais cela, je ne veux plus bêler avec le reste du troupeau.

Vive le Tibet chinois, vive la vraie réflexion et cessons de braire au rythme des baguettes médiatiques !

dimanche 8 mars 2009

833 - Tibet des imbéciles

Pauvres cloches occidentales, cessez de faire sonner vos têtes creuses contre les belles et mensongères statuettes du Tibet érigées par des gourous du marketing pour des "touristes politiques" crédules !

Les tibétains sont comme nous tous, ni plus ni moins.

La plupart sont des pauvres types avec en eux toutes les nuances de beautés et de noirceurs mêlées. Chez ce peuple de mystiques d'opérettes il y a d'ailleurs la même proportion de franches crapules que chez nous.

Population essentiellement composée d'insignifiants "Dupont des montagnes", les tibétains ont parmi eux de très pervers pédophiles, d'infâmes proxénètes, des sots profonds, des assassins sans scrupule, des ignares superstitieux et des paresseux alcooliques.

Peuple opprimé par la Chine, si les tibétains étaient à la place des Chinois, ils seraient oppresseurs à leur tour.

Faut-il être naïf pour accorder une telle importance aux apparences folkloriques d'un peuple ! Pauvres, asservis, persécutés, religieux, photogéniques donc honnêtes, bons, généreux ?

Foutaise !

Que vaut l'artifice, le luxe, l'éclat d'une photo d'un tibétain au visage grave et profond face aux petites et grandes vérités sans fard dont nul objectif photographique -par définition borné- ne vient jamais restituer la crudité, la vulgarité, la bassesse ?

A l'exemple des portraits romantiques du Che ou de Rimbaud qui font rêver les éternels adolescents et les révolutionnaires puérils du monde entier, l'image que l'on donne du Tibet et de ses habitants est une image imbécile, réductrice, insane.

La réalité du Tibet est plus bête, plus méchante, plus rugueuse que le papier glacé officiel des idées reçues : elle sent le caca, a la saveur amère des fruits pas mûrs, distille dans ses célèbres sommets neigeux les airs mortels des jours d'ennui où tournent les monotones moulins à prières...

Elle est pouilleuse enfin, pouilleuse et misérable comme un bohémien analphabète, ivrogne, crapuleux qui du fond de sa roulotte déclassée croupissant sur le parking d'un village se prend pour un prince sous prétexte qu'il aligne trois fausses notes sur sa guitare déglinguée...

Vive la Chine et ses éclats millénaires !

samedi 7 mars 2009

832- Lettre au maire de Coulaines

Raphaël Zacharie de Izarra
2, Escalier de la Grande Poterne
72000 Le Mans
Tél : 02 43 80 42 98
ou : 09 50 35 86 22
raphael.de-izarra@wanadoo.fr


samedi 7 mars 2009

Monsieur le maire,

Je viens de découvrir à vélo quelques quartiers de votre ville. Certes je connaissais déjà le minuscule mais remarquable centre-ville historique avec sa belle église médiévale judicieusement mise en valeur, fleuron de la cité pour lequel je tenais d’ailleurs à vous féliciter.

Mais que dire de certaines parties de Coulaines plus excentrées ? Ces successions d’habitations individuelles comme des cubes sans âme, sans vie, sans charme dans lesquelles semblent se complaire des propriétaires aux sensibilités vulgaires sont parfaitement déprimantes !

Comment tant de vos administrés peuvent-ils accepter de s’endetter pour se faire construire de telles horreurs ? Comment peuvent-ils consentir à l’émergence de ces horribles quartiers assimilables à des ghettos pour «salariés de chez Renault» où tout végète, respire la misère esthétique, le mauvais goût ? Même le cimetière neuf situé dans les hauteurs de la ville est à l’image de ces quartiers : mortel.

Il est regrettable qu’une partie de vos administrés contribuent à l’enlaidissement de votre ville avec leurs infâmes constructions. Certes je ne suis pas coulainais mais je peux quand même me permettre de reprocher aux habitants de ces rues cafardeuses leur indigence esthétique car moi au moins j’ai le bon goût de vivre au Vieux-Mans.

J’habite dans de la vieille pierre, pas dans une maison Bouygues !

Ma promenade à vélo dans ces parties de Coulaines fut démoralisante mais en même temps édifiante, instructive, et finalement salutaire : c’est en parcourant ces rues propres, nettes, froides et ennuyeuses où s’alignent des maisons individuelles en béton (agrémentées parfois de faux-puits en plastique ou de nains de jardin) que j’apprécie encore plus mes vieilles pierres mancelles.

J’imagine aisément des colonies de Pères-Noël gonflables importés de Chine suspendus sur les toits de ces habitations coulainaises en période de fêtes de fin d’année comme autant de cerises bien mûres sur de gros gâteaux d’anniversaire et qui pourrissent lamentablement au printemps… Mais je dois être juste : je n’ai pas vu de Pères-Noël moisis et avachis pendouiller sur les toitures. Ou alors ce détail navrant caractéristique de ce genre de maisons m’aura échappé.

Mais peu importe : dans ces quartiers de Coulaines j’ai côtoyé la misère -la vraie, celle de l’esprit- des gens assez fortunés pour se faire construire des maisons individuelles mais assez sots pour le demander à Bouygues et compagnie !

Je compte retourner de temps à autre dans ces quartiers neufs de votre ville que je viens d’évoquer en termes peu flatteurs (mais justes) pour mieux jouir, par effet de contraste, des beautés architecturales de l’antique cité mancelle où pour mon plus grand bonheur je demeure depuis 2002.

Cette lettre n‘était pas absolument nécessaire, j’en conviens. Mais il ne m’était pas non plus complètement défendu de vous faire part de mes états d’âme.

Je vous prie de croire, monsieur le maire, à l'expression de ma parfaite considération.

Raphaël Zacharie de IZARRA

samedi 7 février 2009

831 - La crise n'existe pas

Lors de licenciement d'ouvriers dans les usines je suis toujours affligé de voir non la tristesse des intéressés à qui l'on ôte leur emploi mais leur persistance dans la bêtise, cette bêtise atavique consistant à aimer la laideur, la misère, l'ennui d'une existence vouée à une cause inepte.

Je ne comprends pas ces esclaves-nés qui accordent tant de prix à à leurs chaînes... S'ils étaient sains d'esprit, ils devraient avoir honte d'être des ouvriers. Honte non pas de travailler mais de demeurer toute leur vie des minus appartenant à l'espèce des consommateurs primaires. Le travail en usine, aliénant par définition, devrait être fait par des étudiants, des Nègres soucieux de s'insérer dans la société, des laiderons, des veuves, des Dupont, des infirmes désireux de se rendre utiles. En aucun cas il ne devrait engloutir des générations entières mais occuper passagèrement les hommes. Il devrait être une parenthèse dans un parcours professionnel : une saison, une année, voire cinq ans. Pas plus.

Le labeur en usine devrait être considéré comme infamant et nul de devrait s'y employer au point d'y laisser sa dignité.

Certes on me répondra qu'il m'est facile de parler ainsi étant donné que je suis à l'abri du besoin, moi improductif aristocrate ayant toujours mangé à sa faim sans avoir jamais été obligé d'aller travailler à l'usine. Justement. Ma position privilégiée me permet de dire les choses sans état d'âme (qui est toujours un élément perturbateur du discours), sans pincettes il est vrai mais aussi sans déformation affective. Je n'ai aucun intérêt personnel à défendre, ce qui est un avantage immense pour la liberté d'expression, la diffusion de la vérité.

Les ouvriers pleurent parce qu'ils sont licenciés... Moi je suis triste de les voir si stupides, je suis chagriné de constater leur état d'esprit calamiteux. Comment peut-on tenir si chèrement à un sort qui génère des esclaves imbéciles culturellement misérables de génération en génération ?

La crise est un mot. Comme la pluie. Quand il pleut, est-ce la fin du monde pour autant ?

Oui, pour les ânes.

La crise, du moins en France, est un drame artificiel.

Cette "catastrophe" est plus dans les têtes que dans les faits.

Aller se nourrir dans les poubelles (chose que je fais moi-même sans nulle honte et à chaque fois que je le peux) est le signe pour les citoyens repus que nous sommes que la société se porte à merveille.

Tant qu'il y aura de la nourriture quotidienne à récupérer dans les poubelles, la crise n'existera pas.

Après, c'est juste une question de choix individuel, de degré de lucidité de chacun.

Être pauvre en France est un luxe pour gens difficiles ayant des préjugés quant au contenu des poubelles.

vendredi 6 février 2009

830 - Souffrance et beauté

Souffrance et beauté sont deux mystères intimement mêlés. Un champ d'étoiles peut paraître au-dessus de monceaux de charognes après la bataille et parfois on entend le vent chanter sur des terres de famine. Guerre, cris, désespoir et meurtres côtoient l'impassible silence galactique ou bien les parfums enchanteurs du printemps... Gémissements d'innocents et splendeurs des choses semblent indissociables et forment cette réalité étrange, absurde, tragique, cruelle de notre monde.

Souffrance et beauté : les deux facettes à la fois opposées et combinées du grand théâtre de la Création... L'une est une forme d'appréhension du monde, d'expérience des choses en creux, l'autre en relief. L'une en misère, l'autre en gloire.

Les deux sont des modes de connaissance d'une égale richesse. A travers elles les hommes ont un rapport au monde ultime, absolu, pénétrant.

Sacré. Ou pas...

Plein de sens ou d'absurdité.

A chacun de prendre sa part de trésor, à chaque individu de s'adapter, d'ouvrir ou de fermer les yeux, de désespérer ou de chanter, de rire ou de pleurer.

Entre épine et lumière, la destinée humaine est semblable à la rose : l'aiguillon semble inutilement cruel à qui s'y pique tandis que le parfum de la fleur est un cadeau aux yeux de l'esthète.

Sans les piquants, pas de miracle ! La plante ne croît pas si elle ne blesse l'intrus.

Ainsi je crois que beauté et souffrance font partie d'une réalité ambiguë, nécessaire, terrible et belle, sinistre et merveilleuse qui nous échappe, nous malheureux fétus de vanités, pauvres individus pris à notre insu dans l'incommensurable, mystérieuse, transcendante tempête cosmique.

lundi 2 février 2009

829 - Promouvoir la beauté : une vraie justice sociale

Loin de défendre les belles causes naturelles, l'inique république fait parfois tout pour promouvoir l'indignité, la bassesse, la laideur. Ainsi, au nom de la parité de tous devant la loi, elle traite avec une égale froideur créatures et laiderons, comme si l'honnête homme avait le même regard sur la belle femme que sur la femelle déchue...

Quelle hypocrisie sociale ! Quelle hérésie étatique !

On sait bien que tout homme normalement constitué préfèrera toujours une femme mince, séduisante, délicate à une mégère peu avenante... Même les enfants sont sensibles à la beauté. Ces petits crétins que l'on prétend innocents en toutes choses font la différence entre une vieille nounou obèse et verruqueuse et une charmante étudiante. C'est dire le caractère universel, impérieux de la beauté qui génère joies et bienfaits...

La beauté a été distribuée par le Ciel de manière arbitraire : c'est ce qui fait son prix.

La beauté est un privilège, une rareté, l'or de l'humanité et en tant que tel on devrait lui accorder tous les droits, lui octroyer des facilités pour son entretien, lui conférer une véritable reconnaissance officielle.

Bref, on devrait récompenser la beauté à hauteur des sentiments qu'elle inspire chez l'esthète comme chez la gueusaille. On honore bien le génie qui lui aussi est un don, une qualité innée, une grâce...

Alors pourquoi pas la beauté ?

On offre des fortunes à des artistes, à des créateurs, à des chanteurs, à des cyclistes du tour de France et tout le monde trouve cela normal.

Pourtant ces "êtres d'exceptions" adulés essentiellement pour leur talent ou leur ténacité dans la "bêtise des mollets" se sont juste donnés la peine de naître. Certains avec des avantages intellectuels, mnésiques, simiesques ou vocaux, d'autres avec des prédispositions musculaires, cérébrales, mentales, stomacales (matheux, boxeurs, trompettistes), bref avec un ou plusieurs sens plus développés que la moyenne. Ou même affligés de tares (jockeys, nains, castrats, etc...).

Quoi qu'il en soit, c'est leur don pour la comédie, la peinture, la plume ou même leur seule musculature, voire leur débilité physique ou leur faculté monstrueuse qui les ont placés sur un piédestal.

La beauté ne produit-elle pas des choses exquises au même titre que l'art, la musique, le sens de l'entreprise des grands patrons, le courage des ouvriers, l'endurance des sportifs de haut niveau ou le mental de fer des champions ? Pourquoi cette incroyable différence de traitement entre le labeur du manoeuvre, l'activité sportive du footballeur, l'entêtement du cycliste à pédaler autour de la France et la beauté ? Que ce soient par un salaire mensuel, une médaille d'or, des lauriers ou plus souvent des euros par millions, on récompense (à plus ou moins juste titre) le travail du monteur en usine, l'exploit du sportif, la sueur du cycliste, l'art du pilote de course, l'imagination de l'écrivain...

Par une pension ne pourrait-on point gratifier la beauté ?

On me fera certes remarquer que l'artiste, le sportif, l'inventeur, le poète ont travaillé pour développer leur "étincelle divine" (ce qu'on appelle le don) et la cultiver... Est-ce une raison suffisante pour négliger à ce point la beauté qui n'en est pas moins la preuve la plus évidente, la plus sacrée de divinité sur terre ?

Dans cette république cruellement sélective à l'égard de telles qualités innées (qui souvent sont parfaitement secondaires) et sottement égalitaire envers d'autres, combien de Vénus se retrouvent derrière des caisses de supermarchés à s'y ennuyer à longueur de journées au lieu de faire triompher leur droit naturel ? Combien de vivantes poupées aux visages de porcelaine se corrompent les traits dans des usines ? Combien d'idéales conceptions gâchent leur beauté à l'exposer crapuleusement à des automobilistes "dupontesques" derrière des caisses enregistreuses de pompistes ? Combien d'élégantes femmes se ternissent le teint prématurément, se gâtent mains et santé, sacrifient leurs grâces, perdent leur joie à manier des caisses de légumes pour le compte de patrons soixantenaires certes fortunés mais bedonnants ?

Sous couvert d'égalité la démocratie refuse de favoriser la beauté, traitant les belles femmes comme elle traite le reste du "bétail républicain" : avec les mêmes égards administratifs. A force d'acharnement dans l'égalité entre les citoyens la beauté passerait presque pour une tare... Alors que dans la société civile les belles femmes sont partout honorées. N'est-ce pas le monde à l'envers ? A quand la promotion officielle des laiderons ? Cette indifférence crasse de la part du système envers la beauté, moi je la trouve injuste, révoltante.

Et pour tout dire, vulgaire.

Heureusement la plupart des élues de la Grâce gagnent le statut privilégié qui leur est dû grâce à leur seule beauté, sans l'aide de la république.

Mais qui prendra soin des autres qui n'ont pas eu la chance d'avoir rencontré un esthète digne de leur éclat, assez fortuné et brillant pour leur épargner un sort commun ?

Laissées pour comptes de la république, méprisées par les légistes, mises au même rang que les vils laiderons, elles seront obligées d'imiter l'engeance travailleuse. Parfois pire : d'adopter ses moeurs. Or quel plus virulent poison pour la Beauté que son adhésion aux us du peuple ?

La république a toujours été plus prompte à récompenser les pédaleurs que les anges incarnés, c'est bien là son immense défaut...

J'aimerais que l'État pensionne à vie les femmes éligibles qui le souhaiteraient.

Certes on me répondra que la beauté est une chose toute subjective... C'est vrai, sauf que l'authentique beauté s'impose à tous et ne se discute pas.

Mais pour plus de sécurité des esthètes dûment "particulés" formeraient une commission chargée d'élire celles qui méritent de l'être. Ces beaux esprits seuls feraient autorité et leurs décisions seraient souveraines.

Ainsi une justice véritable régnerait dans cette république rageusement égalitaire qui paradoxalement érige des temples d'imbécillité à des guenons et ne prévoit aucun statut particulier pour ce qui la dépasse.